lundi 8 mai 2017

La série des jetons Shirriff 1968-1969; une collection presque impossible

Le trio Vadnais-Jarrett-Young des Seals sont les trois pièces les plus chères de l’ensemble.

Généralement, plus les objets à collectionner sont vieux, plus leur obtention devient coûteuse. Il y a cependant quelques exceptions; dont la série de jetons de hockey Shirriff 1968-69, un ensemble extrêmement  cher où les risques de d’être victime de fraudes sont élevés.

Lors de la saison 1968-69, chaque boîte de desserts en poudre (de type Jell-O) contenait un jeton de plastique avec l’image d’un joueur de la LNH. Il s’agissait de la 4e série de ce type pour Shirriff qui insérait aussi des jetons du même format lors des saisons 1960-61, 1961-62 et 1962-63 (ceux-là en métal).

Shirriff revenait donc à la charge avec cette populaire promotion qui visait à faire avaler du Jell-O aux enfants. Les parents devaient donc acheter un minimum de 176 boîtes de cette gelée pour compléter cette collection. De quoi dégouter du Jell-O à tout jamais!

Pire encore, Shirriff avait adopté la diabolique stratégie de mettre des éditions limitées (short prints) de plusieurs joueurs pour compliquer l’acquisition de l’ensemble complet. 42 joueurs sont donc plus difficiles à obtenir à divers degrés, les pires étant le trio infernal des Seals d’Oakland : Gary Jarrett, Carol Vadnais et Howie Young. Ce qui fait que ce ne sont pas nécessairement les meilleurs joueurs de la ligue qui sont les plus recherchés dans cet ensemble.

Coûteux, vous dites?
Nous avons compilé les enchères les plus récentes de ces jetons sur eBay pour établir une moyenne des prix de ventes. Les prix peuvent fluctuer fortement car la mise aux enchères de ces jetons est rare, mais la moyenne de prix de chaque jeton a été établie sur au moins deux ventes réussies.

Selon ce décompte, l’acquisition totale des jetons d’éditions limitées coûterait la modique somme de 6987$ (voir le tableau).

À cet ensemble, il faut ajouter les joueurs vedettes comme Bobby Orr, Gordie Howe, Bobby Hull, Jean Béliveau et autres dont la valeur est élevée. Le jeton de Orr se détaille environ 100$ et  celui de Howe vaut environ 65$. Une évaluation sommaire (et très contestable) chiffre la somme requise à l’achat de ces joueurs vedettes, qui ne font pas partie des éditions limitées, à 549$ (voir le tableau sur les joueurs vedettes).

Reste aussi les 114 joueurs «communs» qui complètent l’ensemble. Si on estime qu’on peut obtenir un jeton «commun» (les joueurs qui ne sont pas des vedettes sont appelés ainsi) à environ 6$ pièce, cela ajoute 684$ à la facture.

Il faut donc débourser 8220$ pour obtenir la collection complète. Je vous signale qu’il s’agit d’une évaluation conservatrice et que plusieurs pièces pourraient vous coûter beaucoup plus.

À cause de leur popularité, beaucoup de copies frauduleuses des éditions limitées ont été fabriquées. Les fraudeurs font des copies couleurs des images d’éditions limitées pour les insérer dans un véritable jeton Shirriff en retirant l’image d’un joueur facile à obtenir pour le remplacer par un faux de plus grande valeur.

Un jour, je m’étais plaint  de la mauvaise qualité du plastique transparent du jeton du joueur que je souhaitais acheter. Le commerçant a simplement retiré ce plastique à l’aide d’une petite ventouse pour l’échanger avec celui d’un autre joueur. Antiquaire, il avait utilisé la ventouse d’un vieux jouet pour enfant que nous appelions «un fusil à suces»; ce petit bout rouge qu’on léchait pour qu’il colle sur l’écran du téléviseur! Aussi simple que cela.

Ponce PSA s’en lave les mains
Le jeton de Bobby Orr vaut au moins 100$.
Pour envenimer le portrait, la firme de gradation PSA refuse d’authentifier l’image contenue dans les jetons. Un marchand montréalais avait de sérieux doute sur l’image contenue dans une édition limitée qu’il avait acquise. Il a envoyé la pièce chez PSA qui est revenue avec un grade décent, mais des doutes subsistaient dans son esprit. Il a contacté la firme qui lui a répondu qu’elle évaluait l’aspect général du jeton sans certifier l’authenticité de l’image.

Un conseil : munissez-vous d’une bonne loupe avant d’acheter une édition limitée. Imprimés en 1968, ces jetons utilisaient les bonnes vieilles presses offset qui imprimaient en quadrichromie. Un examen à la loupe révèlera donc des points qui s’entrecroisent, contrairement à l’impression à l’aide d’imprimantes.

En résumé, la collection vous coûtera entre 8000$ et
10 000$, soit plus que la collection C56, la toute première de l’histoire des cartes de hockey qui incluait Newsy Lalonde et Cyclone Taylor. En plus, rien n’assure que vous ne serez pas victime de fraude, même en achetant un jeton gradé par PSA vous ne pourrez en être certain. On a vu meilleur placement. Pensez-y à deux reprises avant de vous lancer dans cette collection charmante, mais risquée.



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