samedi 11 janvier 2020

La tournée des collectionneurs à Québec le week-end prochain

Le sympathique promoteur Yves Gaudet et son groupe de marchand seront à Québec le week-end prochain, le samedi 18 janvier (9h à 16h) au Carrefour Charlesbourg (8500 boul. Henri-Bourassa). C'est un rendez-vous à ne pas manquer pour les collectionneurs en région qui veulent acquérir ou vendre des objets de collection sportifs.

Le retour du légendaire Léandre Normand

Excellente nouvelle pour les collectionneurs. Léandre Normand est de retour! Il prend la succession de l'expo mensuelle du Centre communautaire Petite-Côte. L'expo aura lieu les derniers dimanches de chaque mois. 

Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens
5675, rue Lafond, Montréal
(entre le boulevard Rosemont et la rue Dandurand)
Une cinquantaine de tables. Entrée gratuite. De 10h à 14h.

mardi 26 mars 2019

Une petite tache «on the Stanley Cup»


L’édition de mai 1956 du magazine Sport-Revue voulait d’abord rendre hommage à Émile «Butch» Bouchard qui prenait sa retraite après la conquête de la Coupe Stanley. La couverture est sans équivoque: on y voit Bouchard littéralement accrocher ses patins. Pourtant…

Des souvenirs frais de l’émeute
Malgré le succès du Canadien qui venait de remporter la Coupe Stanley, ce populaire magazine sportif québécois émettait un bémol en parlant de la situation du fait français dans le sport montréalais. D’abord, ils mentionne que les Royaux de Montréal, l’équipe de baseball de la Ligue internationale, émet un billet bilingue et que le le Canadien tarde à s’y mettre.

Le billet de l’éditeur écorche aussi la direction du Canadien qui a omit de s’adresser aux spectateurs en français lors de la cérémonie suivant la conquête de la Coupe Stanley. 12 000 spectateurs assistent au match au Forum et 85% d’entre eux sont francophones. Plus de 2 millions de téléspectateurs regardent la partie à la télévision; la plupart parlent français.

Pourtant, sous l’excitation du moment, l’entraîneur Toe Blake, parfaitement bilingue, oublie de s’adresser en français aux spectateurs présents au Forum. Né en Ontario, Blake est fils d’un Américain (Wilmes Blake) et d’Alzélie Fillion, une «Canadienne française» comme on les appelait alors. Toute son enfance, Blake et ses sept frères et quatre soeurs ne parlaient que français à la maison.

Dans une édition précédente*, Toe Blake — son vrai prénom est Hector, un prénom typiquement francophone — confie au journaliste Claude Larochelle: «Nous parlions toujours cette langue (le français) à la maison, mais à cette époque il n’était pas question de français dans les écoles de l’Ontario et j’ai donc fait mes études en anglais».

Le subterfuge
En 1936 lorsque Blake fait ses débuts avec le Canadien, la franchise est au bord de la faillite. Tous les moyens sont bons pour ramener des spectateurs dans l’amphithéâtre. Le propriétaire de l’équipe Ernest Savard, qui tente de plaire aux francophones montréalais, convainc Blake de jouer sous le nom d’Hector Blais. Parfaitement à l’aise en français, Blake consent à jouer sous ce faux nom. «J’étais jeune, je me sentais fier d’être connu sous un nom français et de plus j’avais l’ambition d’aider le club Canadien par tous les moyens», déclarait-il dans l’édition d’août 1955 du même magazine. Le président de la LNH, Frank Calder, met un terme au subterfuge en signifiant que Toe a joué le début de sa carrière sous le nom de Blake.

Selke dans se petits souliers
L’absence de français lors de la cérémonie tombe à un mauvais moment. Le Canadien s’est fait «voler» la Coupe par les Red Wings en 1954 après la suspension de Maurice Richard et l’émeute qui s’en est suivie au Forum. 

La révolte qui gronde chez les «Canadiens français» est à son point culminant. Le gérant général du Canadien, Frank Selke, prend le microphone après le discours de Blake. Et une clameur commence à s’élever de la foule qui scande: «Du français, du français…» Bien au courant de la situation politique délicate, Selke invite Émile Bouchard à traduire ses propos, mais, surpris, Butch n’en fait rien.

Heureusement, le Canadien avait fait appel au populaire animateur Mario Verdon pour les présentations. Ses paroles furent les seules prononcées en français outre un bref discours du capitaine Émile Bouchard. Mais la victoire permet de tout oublier. Le Canadien remporte ce jour-là la première de ses cinq Coupes Stanley d’affilée.

* Édition d’août 1955, quelques semaines après sa nomination au titre d’entraîneur du Canadien



jeudi 23 août 2018

Autographes — Les invités des salons d'octobre dévoilés

Puisque Léandre Normand, organisateur de l’International des collectionneurs, a eu la gentillesse de m’offrir la primeur, je vous annonce que les chasseur d’autographes auront le plaisir de rencontrer Roman Hamrlik, Lucien Deblois, Pierre Dagenais et Gaston Gingras à ce salon. Ces trois anciens joueurs du Canadien ne sont pas les plus grandes vedettes, mais sont rarement présents lors de ces séances d’autographes. Les quatre seront sur place le samedi 6 octobre. Les heures ne sont toujours pas annoncées. Un forfait de 30$ permettra d’obtenir les quatre signatures.

L’Anti-Expo annonce déjà la présence de Rogatien Vachon, Claude Larose et Ralph Backstrom sur son site web. Vachon sera présent le samedi 13 octobre et les deux autres anciens du CH y seront le dimanche 14 octobre.

Pour ces deux salons, d’autres annonces d’invités seront faites d’ici quelques semaines.

mardi 21 août 2018

L’International des collectionneurs et l’Anti-Expo automne 2018: une guerre commerciale néfaste


Je vous donne les dates des deux plus importantes expositions montréalaises, vous comprendrez immédiatement le problème: 5, 6 et 7 octobre pour l’International et 13 et 14 octobre pour l’Anti-Expo.
Deux expositions majeures en deux semaines… Dans cette ville folle de hockey, pas moyen de tenir deux foires mieux échelonnées dans le temps cet automne.

L’entêtement des deux groupes d’organisateurs obligera les collectionneurs à choisir entre un salon ou l’autre, mais elle aura aussi un impact majeur sur les commerçants. Seuls ceux qui sont dans la région montréalaise seront possiblement présents aux deux salons.

Par exemple: on imagine mal comment Len Pottie, plus grand marchand de cartes de hockey au Canada, faisant le voyage de la Nouvelle-Écosse où il habite jusqu’à Montréal  et revenir quelques jours après. Comme les collectionneurs, il aura un choix à faire entre les deux salons. Et comme l’Anti-Expo a damé le pion du titre de meilleure exposition à Montréal à l’International depuis belle lurette, on se doute que Pottie choisira l’Anti-Expo.

Leader dans le marché montréalais, l’Anti-Expo tient le gros bout du bâton quand au choix d’horaire et la grande foire de Toronto a lieu du 9 au 11 novembre. Si on compte une semaine avant et après ces deux dates, cela laisse amplement de temps à l’International pour choisir une date plus propice (Septembre, fin octobre, fin novembre ou début décembre). 

Malheureusement, l’International a choisi d’attaquer son rival de plein front en changeant les dates habituelles de son salon, qu’elle tiendra une semaine avant l’Anti-Expo. Une stratégie qui vise à couper l’herbe sous le pied de «l’ennemi». Tout le monde y perdra au change. Les consommateurs, dont le budget n’est pas élastique, risquent de bouder l’International, mettant son avenir en péril.

Collectionner les cartes de hockey est loin d’être un besoin primaire et l’argent que les collectionneurs y consacrent passera toujours après le budget familial (et c’est bien ainsi). La somme consacrée à deux salons étalés dans le temps sera nécessairement supérieure à celle de salons tenus lors de deux semaines successives. Les marchands devront essuyer ces pertes.

Le blâme ne revient pas qu’aux organisateurs de l’International. Les deux organisations ne semblent pas se consulter et cela depuis les débuts. Pourtant ils ont tous les deux intérêt à ce que le marché soit vigoureux. L’étalement des salons dans le temps attire plus de consommateurs et offre de meilleures opportunités d’affaires pour les commerçants qui ont, de ce fait, plus d’argent pour faire de nouvelles acquisitions. Le prinicpe de la saucisse Hygrade.

Le marché des collectionneurs fonctionne relativement bien actuellement, mais attire peu de jeunes. Cette guerre nuit à sa santé fragile. Il est impératif que les deux organisations enterrent la hache de guerre pour qu’il survive et prospère. 

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mercredi 15 août 2018

Albert Millaire, fils d’un ancien joueur du Canadien

Aujourd’hui, 15 août 2018, le comédien Albert Millaire est décédé. Rien à voir avec un blogue sportif direz-vous. Pourtant, le nom Millaire a marqué l’histoire du Canadien de Montréal. Le père et l’oncle d’Albert Millaire ont tous deux participé à la première pratique de l’histoire de l’équipe aux côté des Jack Laviolette, Didier Pitre et Newsy Lalonde. 

J’ai eu le plaisir de rencontrer le vénérable comédien pour discuter de l’aventure de ses aïeuls pour un dossier publié dans La Presse en 2013. Voici donc quelques extraits de ce dossier historique.

Les Glorieux Millaire

Vendredi 15 mars 1996, la veille du premier match du Canadien au Centre Molson, Albert Millaire récitait un poème lors d'une cérémonie d'inauguration. Le comédien n’avait pas été choisi seulement pour son talent et sa voix puissante et limpide ; il est aussi le fils et le neveu de deux joueurs de l’équipe d’origine du Canadien de Montréal.

       Albert Millaire (4e à partir de la gauche) est capitaine de l’Aiglon de Lachine,
champion de la ligue de hockey sénior du «Conté» Jacques-Cartier en 1909.
Les deux derniers joueurs assis à droite sont Edgar Leduc et Jos Allard 
qui ont aussi joué pour le National avec Millaire. 
Photo archives Albert Millaire     

Le hockey dans les gènes

« J’ai à peine connu mon père. Il est mort happé par une voiture en 1935 alors que j’étais aux couches. C’est bien plus tard, le 8 janvier 1950, que j’ai appris qu’il avait joué pour le Canadien », raconte le comédien Albert Millaire. 

« Mon demi-frère Émilien est venu me rendre visite avec une copie du Petit Journal qui disait que le Canadien allait rendre hommage aux membres fondateurs de l’équipe ce soir-là. La photo de mon oncle Édouard ornait la page. Émilien m’a raconté que mon père aussi faisait partie de l’équipe de réserve », poursuit le comédien. « J’ai questionné ma mère à propos de cette découverte et elle m’a montré une pleine valise de photos de sa carrière sportive. » 

 « Sur une photo publiée le 16 décembre 1910 dans La Presse, j’ai appris que mon père pratiquait aux côtés des Newsy Lalonde, Eugène Payan et Ed Décarie à la première séance d’entraînement de la deuxième saison de l’équipe », nous raconte le comédien. Non seulement Albert Millaire père avait pris part au deuxième camp d’entraînement de l’équipe, mais il a aussi été de la première équipe du Canadien. 

Une équipe pour les francophones

En 1909, le populaire hockeyeur Jack Laviolette avait eu pour mission de former une nouvelle équipe pour rallier la ferveur des amateurs francophones de Montréal. Il avait fait appel à Newsy Lalonde et Didier Pitre, deux grandes vedettes francophones de l’époque pour attirer les foules, mais la base de l’équipe était composée de joueurs locaux avec lesquels il avait joué précédemment. Parmi eux, les deux frères Édouard et Albert Millaire père avaient signé un contrat avec le CH le 10 décembre 1909 et ils ont tenté leur chance au camp de la nouvelle équipe. 

Albert Millaire a finalement joué la saison avec le National, le grand rival francophone du Canadien dans une autre ligue.  Albert Millaire est demeuré joueur substitut du Canadien durant toute la saison 1910-1911, mais il n’a jamais obtenu le privilège de disputer un match officiel dans la grande ligue.

Il a tenté sa chance à nouveau l’année suivante sans réussir à obtenir un poste régulier, se contentant de faire partie de l’équipe de pratique du CH. Son frère Édouard a eu la chance de disputer un match avec le Canadien au cours duquel il a obtenu trois minutes de pénalités. Il faut spécifier qu’à cette époque les joueurs de la formation partante ne quittaient habituellement pas la patinoire, laissant peu de place aux remplaçants. Édouard Millaire a persévéré plus longtemps qu’Albert et il est demeuré joueur substitut durant trois saisons avec le Canadien.  

Sources : Canadien de Montréal, The Gazette, La Presse 

mardi 19 juin 2018

Les négatifs retrouvés de Roger St-Jean




Article paru dans la section SPORTS, de La Presse+, le dimanche 27 décembre 2015
Les archives de La Presse regorgent de magnifiques photos signées Roger St-Jean. Mais aucune trace des négatifs. Son fils nous a permis de mettre la main sur les négatifs originaux de ces précieux trésors de l'histoire sportive du Québec. Portrait du premier photographe sportif francophone de la province et d'une époque bénie pour ses collègues et lui.

Un dossier d'André Rivest

Maurice Richard saute dans les bras d’Elmer Lach qui vient de compter l’unique but de la partie en temps supplémentaire.
Ce but donne la Coupe Stanley au Canadien. Le capitaine des Bruins, Milt Schmidt, assiste impuissant à la scène rendue célèbre grâce à la caméra de Roger St-Jean.






Pionnier de la photographie sportive, Roger St-Jean a mis son talent et sa passion au service de La Presse de 1947 à 1971. Il rentrait tout juste d'un stage de photographe au sein de l'armée canadienne plongée dans le second conflit mondial.


Passionné de sport, Roger a vite hérité de la couverture de la plupart des événements sportifs au journal. Homme jovial et sympathique, il est rapidement devenu l'ami de nombreux athlètes, dont Maurice Richard et Jean Béliveau.

DANS L'INTIMITÉ DES JOUEURS VEDETTES

Son fils Roger junior se rappelle : « Maurice [Richard] venait manger des spaghettis chez nous. Il faisait des farces avec mon père et ma mère. J'allais me coucher et c'était le party dans le salon. C'était normal chez nous. Ce qui explique un peu que je n'aie jamais eu le culte de la vedette sportive. Mon père m'emmenait partout. J'ai assisté à des parties qui feraient baver d'envie certains amateurs, mais, moi, je jouais sur les rebords des bandes du Forum avec les petits camions que j'apportais ! », raconte-t-il en riant.

Amies, les épouses de Jean Béliveau et de Roger St-Jean rient de bon coeur.




D
DES VEDETTES ACCESSIBLES
La couverture médiatique de l'époque n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui où l'on voue un quasi-culte à nos équipes. Les photographes, comme les journalistes, avaient accès à tout le vestiaire des joueurs après un bref discours d'après-match des entraîneurs Dick Irvin ou Toe Blake. Les relations d'amitié qu'ils entretenaient avec les joueurs ne faisaient qu'améliorer leurs chances d'obtenir des clichés exclusifs. Et Roger St-Jean était passé maître dans l'art de se faire des amis parmi les célébrités.

Dickie Moore, Jacques Plante, l’entraîneur du Canadien Dick Irvin et Floyd Curry prennent la pose pour St-Jean.


ACCÈS PRIVILÉGIÉ AU VESTIAIRE
Michel Gravel faisait ses débuts comme photographe pigiste pour le Hockey News au début des années 50. « Roger m'a beaucoup aidé à mes débuts. Il m'a présenté à tous les joueurs et ça a grandement facilité mon travail. Les amis de Roger St-Jean étaient toujours bien accueillis dans le vestiaire », raconte-t-il, 60 ans plus tard.

Roger St-Jean a dû sauter sur la patinoire
pour obtenir cet angle sur cette bagarre
entre Maurice Richard et Bill Juzda. On voit
clairement que cette scène n’a pu être
prise ailleurs.
« C'était une autre époque. Chaque journal avait un banc réservé aux photographes au bord de la bande entre la ligne bleue et la ligne des buts. Aucune baie vitrée ni aucun grillage ne nous protégeaient. Il fallait rester très attentif au match, sinon nous risquions de recevoir une rondelle égarée ou un coup de bâton. Lorsqu'une bagarre éclatait, nous enjambions la rampe pour prendre de meilleurs clichés, risquant notre peau en souliers sur la glace. C'était permis de le faire et les joueurs aimaient bien ça, car ils savaient que leur photo serait publiée dans le journal », relate Michel Gravel.

En 1954, Roger aidait un autre jeune photographe à faire ses débuts à La Presse : son jeune frère Réal. Ainsi naissait le célèbre tandem des frères St-Jean. «Je suis arrivé avec mon vélo et mon appareil photo le premier jour. On m'a dit : “On va te donner un essai, le jeune”, et j'ai enfourché mon vélo. Il faut croire que ç'a bien été car je suis reparti 30 ans plus tard », racontait Réal St-Jean, décédé en novembre 2014.

« Le plus beau voyage sportif que nous ayons fait est lorsque nous avons accompagné Équipe Canada en URSS lors de la Série du siècle, en 1972. Tous les spectateurs russes étaient habillés de noir ou de gris. Il ne leur était presque pas permis de manifester leur joie après un but. Il y avait des soldats partout. Nous [la délégation canadienne] portions des vêtements colorés et des foulards rouges Canada et nous paraissions très exubérants en comparaison aux Soviétiques, racontaient Réal et sa femme.

L'armée était omniprésente. Un soir, nous avons fêté avec d'autres Canadiens. Il devait bien être 2 h du matin lorsque nous sommes rentrés. Les deux hôtels étaient face à face, séparés par un grand boulevard totalement désert. Aussitôt que nous avons mis le pied sur le boulevard pour le traverser, un groupe de soldats s'est mis à hurler. Impossible de le traverser. Il nous a fallu faire un détour de plusieurs kilomètres pour rentrer. Le choc culturel était total. »