mardi 19 juin 2018

Les négatifs retrouvés de Roger St-Jean



Article paru dans la section SPORTS, de La Presse+, le dimanche 27 décembre 2015
Les archives de La Presse regorgent de magnifiques photos signées Roger St-Jean. Mais aucune trace des négatifs. Son fils nous a permis de mettre la main sur les négatifs originaux de ces précieux trésors de l'histoire sportive du Québec. Portrait du premier photographe sportif francophone de la province et d'une époque bénie pour ses collègues et lui.

Un dossier d'André Rivest

Maurice Richard saute dans les bras d’Elmer Lach qui vient de compter l’unique but de la partie en temps supplémentaire.
Ce but donne la Coupe Stanley au Canadien. Le capitaine des Bruins, Milt Schmidt, assiste impuissant à la scène rendue célèbre grâce à la caméra de Roger St-Jean.






Pionnier de la photographie sportive, Roger St-Jean a mis son talent et sa passion au service de La Presse de 1947 à 1971. Il rentrait tout juste d'un stage de photographe au sein de l'armée canadienne plongée dans le second conflit mondial.


Passionné de sport, Roger a vite hérité de la couverture de la plupart des événements sportifs au journal. Homme jovial et sympathique, il est rapidement devenu l'ami de nombreux athlètes, dont Maurice Richard et Jean Béliveau.

DANS L'INTIMITÉ DES JOUEURS VEDETTES

Son fils Roger junior se rappelle : « Maurice [Richard] venait manger des spaghettis chez nous. Il faisait des farces avec mon père et ma mère. J'allais me coucher et c'était le party dans le salon. C'était normal chez nous. Ce qui explique un peu que je n'aie jamais eu le culte de la vedette sportive. Mon père m'emmenait partout. J'ai assisté à des parties qui feraient baver d'envie certains amateurs, mais, moi, je jouais sur les rebords des bandes du Forum avec les petits camions que j'apportais ! », raconte-t-il en riant.

Amies, les épouses de Jean Béliveau et de Roger St-Jean rient de bon coeur.




D
DES VEDETTES ACCESSIBLES
La couverture médiatique de l'époque n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui où l'on voue un quasi-culte à nos équipes. Les photographes, comme les journalistes, avaient accès à tout le vestiaire des joueurs après un bref discours d'après-match des entraîneurs Dick Irvin ou Toe Blake. Les relations d'amitié qu'ils entretenaient avec les joueurs ne faisaient qu'améliorer leurs chances d'obtenir des clichés exclusifs. Et Roger St-Jean était passé maître dans l'art de se faire des amis parmi les célébrités.

Dickie Moore, Jacques Plante, l’entraîneur du Canadien Dick Irvin et Floyd Curry prennent la pose pour St-Jean.


ACCÈS PRIVILÉGIÉ AU VESTIAIRE
Michel Gravel faisait ses débuts comme photographe pigiste pour le Hockey News au début des années 50. « Roger m'a beaucoup aidé à mes débuts. Il m'a présenté à tous les joueurs et ça a grandement facilité mon travail. Les amis de Roger St-Jean étaient toujours bien accueillis dans le vestiaire », raconte-t-il, 60 ans plus tard.

Cette bagarre entre Maurice Richard et Bill Juzda
a probablement été photographiée au centre
de la patinoire par Roger St-Jean.
« C'était une autre époque. Chaque journal avait un banc réservé aux photographes au bord de la bande entre la ligne bleue et la ligne des buts. Aucune baie vitrée ni aucun grillage ne nous protégeaient. Il fallait rester très attentif au match, sinon nous risquions de recevoir une rondelle égarée ou un coup de bâton. Lorsqu'une bagarre éclatait, nous enjambions la rampe pour prendre de meilleurs clichés, risquant notre peau en souliers sur la glace. C'était permis de le faire et les joueurs aimaient bien ça, car ils savaient que leur photo serait publiée dans le journal », relate Michel Gravel.

En 1954, Roger aidait un autre jeune photographe à faire ses débuts à La Presse : son jeune frère Réal. Ainsi naissait le célèbre tandem des frères St-Jean. «Je suis arrivé avec mon vélo et mon appareil photo le premier jour. On m'a dit : “On va te donner un essai, le jeune”, et j'ai enfourché mon vélo. Il faut croire que ç'a bien été car je suis reparti 30 ans plus tard », racontait Réal St-Jean, décédé en novembre 2014.

« Le plus beau voyage sportif que nous ayons fait est lorsque nous avons accompagné Équipe Canada en URSS lors de la Série du siècle, en 1972. Tous les spectateurs russes étaient habillés de noir ou de gris. Il ne leur était presque pas permis de manifester leur joie après un but. Il y avait des soldats partout. Nous [la délégation canadienne] portions des vêtements colorés et des foulards rouges Canada et nous paraissions très exubérants en comparaison aux Soviétiques, racontaient Réal et sa femme.

L'armée était omniprésente. Un soir, nous avons fêté avec d'autres Canadiens. Il devait bien être 2 h du matin lorsque nous sommes rentrés. Les deux hôtels étaient face à face, séparés par un grand boulevard totalement désert. Aussitôt que nous avons mis le pied sur le boulevard pour le traverser, un groupe de soldats s'est mis à hurler. Impossible de le traverser. Il nous a fallu faire un détour de plusieurs kilomètres pour rentrer. Le choc culturel était total. »

vendredi 16 mars 2018

L’équipe de rêve des Expos de l’Expos Fest 2018

Fans de baseball, et surtout des Expos, l’Expos Fest vous offre une occasion exceptionnelle de rencontrer plusieurs des plus grandes vedettes de notre regrettée concession.

Une soirée VIP incluant une séance d’autographes de 12 anciens Expos suivie d’un souper quatre services en compagnie de ces anciens à l’Embassy Plaza de Laval est organisée par Perry Giannias, probablement le plus grand fan de Nos Amours.

Les habitués des matchs présaisons des Blue Jays présentés au Stade olympiques ont tous vu les magnifiques collections d’artéfacts ayant appartenus aux joueurs des Expos exposés dans la rotonde du Stade lors de ces événements.

Rusty Staub, John Wetteland, Larry Parrish, Jose Vidro, Chris Speier, Darrin Fletcher, Ken Hill, Ellis Valentine, Bill Lee, Derek Aucoin (la seule occasion de parler français), Orlando Cabrera et Steve Rogers (mon idole!) seront présent.

La soirée coûte 150$ et les profits vont à l’Hôpital de Montréal pour enfants. La soirée est tenue le Dimanche le 25 Mars 2018. Elle débute à 16h30. Allez-y pour la cause et surtout le plaisir de rencontrer les anciens joueurs.

Les amateurs d’autographes en auront surtout pour leur argent: à bien calculer, cela ne fait que 12$ l’autographe.

Pour renseignements et billets:
exposfest.com

L’Anti-show du printemps 2018

Devenu le plus important salon pour collectionneurs sportifs, l’Anti-show sera tenu à nouveau au Collège André-Grasset rue Crémazie à Montréal les 21 et 22 avril 2018.

Nouveauté: il y aura bien un prix d’entrée de 5$ à ajouter aux 5$ du stationnement.

Liste des invités confirmés: Mats Naslund, Stéphane Richer, Red Berenson et Bernard Parent. Plus de détails à venir.


Red Berenson, qui a fait ses débuts dans l’uniforme du Canadien, a fait parti
de l’édition originale des Blues de St.Louis en 1967.

mardi 6 mars 2018

Le «show à Léandre»

Le vénérable journaliste sportif Léandre Normand organise à nouveau son incontournable International des collectionneurs édition printemps les 16, 17 et 18 mars 2018 au Centre Pierre-Charbonneau sur la rue Viau à Montréal. Il s’agira de la 20e édition de ce salon, un exploit en soi.

Si l’Anti-Expo a damé le pion à titre de salon numéro un à Montréal, l’événement ne manque pas d’attraits non plus.

Les anciens joueurs du Canadien Steve Bégin, Guy Carbonneau et Donald Audette (il sera accompagné de son fils Daniel qui porte les couleurs du Rockets de Laval, le club école du Canadien) seront les invités.

Charles Hudon et Nicolas Deslauriers, de l’édition actuelle du Canadien, se prêteront aussi au jeu des autographes pour signer les souvenirs des amateurs.
L’entrée est de 5$.

mardi 16 janvier 2018

La valeur des collections de cartes de hockey des années 90

«J’ai hérité d’une très belle collection de cartes de hockey des années 90 et je me demande quelle est sa valeur », m’écrivent parfois des lecteurs. Malheureusement, je n’ai que de mauvaises nouvelles comme réponses. Pour comprendre, il faut expliquer une erreur majeure des fabricants de cartes de hockey dans les années 1990.

La grande débâcle

 À la fin des années 80, le marché des cartes sportives s’est soudainement emballé. Les ventes aux États-Unis sont passées de 35 millions $ à 1,5 milliard $ entre 1987 et 1991, selon Guy Benjamin du Soleil.

Les amateurs ont soudainement réalisé que les vieilles cartes qui traînaient au fond d’un placard pouvaient leur rapporter un joli pactole. Et le marché s’est emballé.

Les fabricants de cartes sportives ont flairé la bonne affaire. De nouvelles compagnies sont nées, d’anciennes ont repris du service et les séries de cartes se sont multipliées, provoquant une débâcle totale du marché.

Presser le citron à l’extrême

Certains de faire un placement béton, les amateurs se sont procurés des séries complètes à prix fort, mais l’avidité des fabricants a dépassé leur capacité de payer. Les fabricants produisaient  de plus en plus de séries en quantité industrielle, dépassant largement le point de saturation du marché. Ainsi, les collectionneurs retrouvaient les surplus de ces mêmes séries soldés à une fraction du prix initial quelques mois plus tard. Frustrés, ils sont devenus prudents.

La grenouille et le bœuf, version hockey

Le pire exemple de cette stratégie marketing abusive et sans lendemain a été celle de la compagnie Pro Set.

Pro Set détenait les droits de production de cartes de la NFL en 1989 et elle a étendu son empire au hockey en lançant son premier ensemble de cartes de la LNH en 1990-1991. L’entreprise ne manquait pas d’ambition et le produit était loin d’être vilain, mais la surproduction a provoqué la chute du fabricant. On retrouvait même des boîtes entières de Pro Set en solde sur les étals des pharmacies Jean Coutu dix ans plus tard.
 
Au final, Pro Set n’aura produit de cartes de hockey que durant deux saisons de la LNH. La compagnie a déclaré faillite en août 1992, laissant un très mauvais souvenir aux collectionneurs malgré le fait qu’il s’agissait d’un des plus bel ensemble de cartes de hockey de l’époque (design simple, percutant et élégant et une excellente qualité de production).

Aujourd’hui, la valeur d’une série complète en parfaite qualité de ces cartes est de «zéro moins une barre». Seuls quelques amateurs novices s’aventurent à acheter ces ensembles pour quelques dollars, question de s’amuser. On les obtient pour moins que la valeur du cartable et des feuilles de plastique qui les contiennent.

Pro Set n’est pas la seule responsable de la débâcle des années 1990, mais elle y a largement contribué. Toutes les séries de cette décennie ont une valeur pratiquement nulle à cause de la cupidité des fabricants et de la LNH. Ce crash a donné une leçon à la ligue qui a réagi en sélectionnant minutieusement ses partenaires. Elle octroie présentement l’exclusivité des droits de production de cartes de hockey à Upper Deck et elle lui impose une quantité restreinte d’ensembles annuels (12 aux dernières nouvelles).

L’industrie entière a dû se réinventer. Les collectionneurs achètent maintenant un paquet de cartes comme s’ils jouaient à la loterie. Peu cherchent à compléter un ensemble. Les collectionneurs recherchent plutôt la pièce rare incluse dans une quantité infime de paquets; le bout de tissu, de bâton, de patin ou l’autographe d’une légende ou d’une recrue hautement cotée.

Plus le paquet est cher, plus les pièces rares promettent un trésor fabuleux. Le problème de ces cartes est que leur valeur tend rarement à monter, contrairement aux cartes vintage. Si un acheteur hurle de plaisir à découvrir une carte rare autographiée par une recrue en vogue, il y a de fortes chances qu’il ait tout intérêt à la revendre immédiatement. Pas certain qu’une carte autographiée de Nail Yakupov vaille autant maintenant qu’à sa saison recrue. Alors à quoi bon collectionner si on doit revendre l’objet immédiatement qu’on vient d’acquérir?


En bref, le crash de 1992 a tout changé. Et, malheureusement, vos cartes des années 1990 trouveront difficilement preneur, même à un prix dérisoire. Peu de marchands oseront même vous faire une offre.

lundi 2 octobre 2017

Une belle brochette d’invités à l'international des collectionneurs 2017

Les 20, 21 et 22 octobre 2017 se tiendra la vénérable exposition de Léandre Normand. En plus des trois anciens Expos (Rodney Scott, Otis Nixon et Ross Grimsley), le salon accueillera six anciens joueurs de la LNH, dont quatre gardiens de buts.

L’ancien des Rangers de New York et des Toros de Toronto, le planant Gilles Gratton, sera présent les trois jours, profitant du salon pour lancer sa biographie «Gratoony the Loony» (en anglais).

Je ne me rappelle pas non plus avoir vu les Daniel Bouchard, Gilles Gilbert ou Jean Ratelle disponibles à Montréal pour des séances d’autographes.

L’ancien gardien des Penguins et des Sénateurs, Patrick Lalime, —qu’on voit plus fréquemment à cause de son rôle d’analyste aux parties de la LNH à TVA Sports— sera aussi présent (une présence tout aussi appréciée). Pour clore cette liste, le sympathique Réjean Houle, ancien joueur et directeur général du Canadien, sera aussi disponible. Une belle brochette d’invités qui vaut à elle seule le déplacement.

Pour infos:
https://www.facebook.com/international.des.collectionneurs/

lundi 25 septembre 2017

L'international des collectionneurs 20, 21 et 22 octobre 2017

L'international continue son chemin en présentant à son tour son exposition trois semaines après l’Anti-Expo (bravo la collaboration!). Le show en vaut toujours le détour malgré une certaine perte de vitesse.

Toujours au Centre Pierre-Charbonneau les 20, 21 et 22 octobre, la particularité du salon sera d'inviter trois anciens joueurs des Expos: Rodney Scott, Otis Nixon et Ross Grimsley (le seul gagnant de 20 victoires de l'histoire des Expos). Une belle initiative gérée par le sympathique Perry Gee, assurément le plus grand collectionneur d'items des Expos.

L'Anti-Expo ce week-end 30 septembre et 1er octobre

Huitième salon de l'Anti-Expo, la plus grande exposition de souvenirs sportifs à Montréal, au Collège André-Grasset samedi et dimanche sur le boulevard Crémazie à Montréal.

Les invités seront Brendan Gallagher (dimanche 11h30), Gerry Cheevers (samedi 10h30), Mario Tremblay (dimanche 13h30), Rick Wamsley (dimanche 10h30), Richard Sévigny (samedi 12h30), Denis Savard (samedi 14h) et Paul Byron (dimanche 12h30).

Possibilité de faire grader vos cartes au salon.

LES 30 SEPTEMBRE ET 1 OCTOBRE 2017
ENTRÉE GRATUITE - STATIONNEMENT (5$/JOUR)

Collège André-Grasset, 1001, Crémazie Est, Montréal, H2M 1M3
Informations : Sébastien au 514-679-1257

mercredi 13 septembre 2017

La Tournée des collectionneurs à Drummondville ce week-end

La météo s’annonce parfaite pour faire une promenade à Drummondville et voir la sympathique expo de la tournée des collectionneurs, maintenant à la Palestre du Centre communautaire Pierre-Lemaire. 
On y rencontre des exposants qu’on voit rarement à Montréal, une excellente occasion de varier vos sources d’approvisionnement.

Pour infos:
Centre communautaire Pierre-Lemaire
325, boulevard Saint-Joseph Ouest, Drummondville
Prochaines expositions: 17 septembre 2017
Informations: Yves Gaudet 
819 674-1963
yves@yvesgaudet.ca
www.facebook.com/tourneedescollectionneurs

mercredi 26 juillet 2017

Combien vaut une collection de cartes de hockey des années 90 ?

 «J’ai hérité d’une très belle collection de cartes de hockey des années 90 et je me demande quelle est sa valeur », m’écrivent parfois des lecteurs. Malheureusement, je n’ai que de mauvaises nouvelles comme réponses. Pour comprendre, il faut expliquer une erreur majeure des fabricants de cartes de hockey dans les années 1990.

La grande débâcle
 À la fin des années 80, le marché des cartes sportives s’est soudainement emballé. Les ventes aux États-Unis sont passées de 35 millions $ à 1,5 milliard $ entre 1987 et 1991, selon Guy Benjamin du Soleil.

Les amateurs ont soudainement réalisé que les vieilles cartes qui traînaient au fond d’un placard pouvaient leur rapporter un joli pactole. Et le marché s’est emballé.

Les fabricants de cartes sportives ont flairé la bonne affaire. De nouvelles compagnies sont nées, d’anciennes ont repris du service et les séries de cartes se sont multipliées, provoquant une débâcle totale du marché.

Presser le citron à l’extrême
Sûrs de faire un placement béton, les amateurs se sont procurés des séries complètes à prix fort, mais l’avidité des fabricants a dépassé leur capacité de payer. Les fabricants produisaient  de plus en plus de séries en quantité industrielle, dépassant largement le point de saturation du marché. Ainsi, les collectionneurs retrouvaient les surplus de ces mêmes séries en solde quelques mois plus tard. Frustrés, ils sont devenus prudents.

La grenouille et le bœuf, version hockey
Le pire exemple de cette stratégie marketing abusive et sans lendemain a été celle de la compagnie Pro Set.

Pro Set détenait les droits de production de cartes de la NFL en 1989 et elle a étendu son empire au hockey en lançant son premier ensemble de cartes de la LNH en 1990-1991. L’entreprise ne manquait pas d’ambition et le produit était loin d’être vilain, mais la surproduction a provoqué la chute du fabricant. On retrouvait même des boîtes entières de Pro Set en solde sur les étals de Jean Coutu dix ans plus tard.

Au final, Pro Set n’aura produit de cartes de hockey que durant deux saisons de la LNH. En août 1992, la compagnie a fait faillite, laissant un très mauvais souvenirs aux collectionneurs malgré le fait qu’il s’agissait d’un des plus bel ensemble de cartes de hockey de l’époque (design simple, percutant et élégant et une excellente qualité de production).

Aujourd’hui, la valeur d’une série complète en parfaite qualité de ces cartes est de «zéro moins une barre». Seuls quelques amateurs novices s’aventurent à acheter ces ensembles pour quelques dollars, question de s’amuser. On les obtient pour moins que la valeur du cartable et des feuilles de plastique qui les contiennent.

Pro Set n’est pas la seule responsable de la débâcle des années 1990, mais elle y a largement contribué. Toutes les séries de cette décennie ont une valeur pratiquement nulle à cause de la cupidité des fabricants et de la LNH. Ce crash a donné une leçon à la ligue qui a réagi en sélectionnant minutieusement ses partenaires. Elle octroie présentement l’exclusivité des droits de production de cartes de hockey à Upper Deck et lui impose une quantité restreinte d’ensembles annuels (12 aux dernières nouvelles).

L’industrie entière a dû se réinventer. Les collectionneurs achètent maintenant un paquet de cartes comme s’ils jouaient à la loterie. Peu cherchent à compléter un ensemble. Les collectionneurs recherchent plutôt la pièce rare incluse dans une quantité infime de paquets; le bout de tissu, de bâton, de patin ou l’autographe d’une légende ou d’une recrue hautement cotée.

Plus le paquet est cher, plus les pièces rares promettent un trésor fabuleux. Le problème de ces cartes est que leur valeur tend rarement à monter, contrairement aux cartes vintage. Si un acheteur hurle de plaisir à découvrir une carte rare autographiée par une recrue en vogue, il y a de fortes chances qu’il ait tout intérêt à la revendre immédiatement. Pas certain qu’une carte autographiée de Nail Yakupov vaille autant maintenant qu’à sa saison recrue. Alors à quoi bon collectionner si on doit revendre l’objet immédiatement qu’on vient d’acquérir?


En bref, le crash de 1992 a tout changé. Et, malheureusement, vos cartes des années 1990 trouveront difficilement preneur, même à un prix dérisoire. Peu de marchands oseront même vous faire une offre.

vendredi 26 mai 2017

La Tournée des collectionneurs s’arrête à Québec ce dimanche 28 mai

La fameuse Tournée des collectionneurs visitera la Vieille Capitale ce week-end au local du Syndicat de la fonction publique (5100, boulevard des Gradins) de 10h à 15h.

Les visites hors Montréal sont rares. Profitez-en pour acheter, vendre ou échanger vos souvenirs sportifs.

Infos: https://www.facebook.com/TourneeDesCollectionneurs/

lundi 8 mai 2017

La série des jetons Shirriff 1968-1969; une collection presque impossible

Le trio Vadnais-Jarrett-Young des Seals sont les trois pièces les plus chères de l’ensemble.

Généralement, plus les objets à collectionner sont vieux, plus leur obtention devient coûteuse. Il y a cependant quelques exceptions; dont la série de jetons de hockey Shirriff 1968-69, un ensemble extrêmement  cher où les risques de d’être victime de fraudes sont élevés.

Lors de la saison 1968-69, chaque boîte de desserts en poudre (de type Jell-O) contenait un jeton de plastique avec l’image d’un joueur de la LNH. Il s’agissait de la 4e série de ce type pour Shirriff qui insérait aussi des jetons du même format lors des saisons 1960-61, 1961-62 et 1962-63 (ceux-là en métal).

Shirriff revenait donc à la charge avec cette populaire promotion qui visait à faire avaler du Jell-O aux enfants. Les parents devaient donc acheter un minimum de 176 boîtes de cette gelée pour compléter cette collection. De quoi dégouter du Jell-O à tout jamais!

Pire encore, Shirriff avait adopté la diabolique stratégie de mettre des éditions limitées (short prints) de plusieurs joueurs pour compliquer l’acquisition de l’ensemble complet. 42 joueurs sont donc plus difficiles à obtenir à divers degrés, les pires étant le trio infernal des Seals d’Oakland : Gary Jarrett, Carol Vadnais et Howie Young. Ce qui fait que ce ne sont pas nécessairement les meilleurs joueurs de la ligue qui sont les plus recherchés dans cet ensemble.

Coûteux, vous dites?
Nous avons compilé les enchères les plus récentes de ces jetons sur eBay pour établir une moyenne des prix de ventes. Les prix peuvent fluctuer fortement car la mise aux enchères de ces jetons est rare, mais la moyenne de prix de chaque jeton a été établie sur au moins deux ventes réussies.

Selon ce décompte, l’acquisition totale des jetons d’éditions limitées coûterait la modique somme de 6987$ (voir le tableau).

À cet ensemble, il faut ajouter les joueurs vedettes comme Bobby Orr, Gordie Howe, Bobby Hull, Jean Béliveau et autres dont la valeur est élevée. Le jeton de Orr se détaille environ 100$ et  celui de Howe vaut environ 65$. Une évaluation sommaire (et très contestable) chiffre la somme requise à l’achat de ces joueurs vedettes, qui ne font pas partie des éditions limitées, à 549$ (voir le tableau sur les joueurs vedettes).

Reste aussi les 114 joueurs «communs» qui complètent l’ensemble. Si on estime qu’on peut obtenir un jeton «commun» (les joueurs qui ne sont pas des vedettes sont appelés ainsi) à environ 6$ pièce, cela ajoute 684$ à la facture.

Il faut donc débourser 8220$ pour obtenir la collection complète. Je vous signale qu’il s’agit d’une évaluation conservatrice et que plusieurs pièces pourraient vous coûter beaucoup plus.

À cause de leur popularité, beaucoup de copies frauduleuses des éditions limitées ont été fabriquées. Les fraudeurs font des copies couleurs des images d’éditions limitées pour les insérer dans un véritable jeton Shirriff en retirant l’image d’un joueur facile à obtenir pour le remplacer par un faux de plus grande valeur.

Un jour, je m’étais plaint  de la mauvaise qualité du plastique transparent du jeton du joueur que je souhaitais acheter. Le commerçant a simplement retiré ce plastique à l’aide d’une petite ventouse pour l’échanger avec celui d’un autre joueur. Antiquaire, il avait utilisé la ventouse d’un vieux jouet pour enfant que nous appelions «un fusil à suces»; ce petit bout rouge qu’on léchait pour qu’il colle sur l’écran du téléviseur! Aussi simple que cela.

Ponce PSA s’en lave les mains
Le jeton de Bobby Orr vaut au moins 100$.
Pour envenimer le portrait, la firme de gradation PSA refuse d’authentifier l’image contenue dans les jetons. Un marchand montréalais avait de sérieux doute sur l’image contenue dans une édition limitée qu’il avait acquise. Il a envoyé la pièce chez PSA qui est revenue avec un grade décent, mais des doutes subsistaient dans son esprit. Il a contacté la firme qui lui a répondu qu’elle évaluait l’aspect général du jeton sans certifier l’authenticité de l’image.

Un conseil : munissez-vous d’une bonne loupe avant d’acheter une édition limitée. Imprimés en 1968, ces jetons utilisaient les bonnes vieilles presses offset qui imprimaient en quadrichromie. Un examen à la loupe révèlera donc des points qui s’entrecroisent, contrairement à l’impression à l’aide d’imprimantes.

En résumé, la collection vous coûtera entre 8000$ et
10 000$, soit plus que la collection C56, la toute première de l’histoire des cartes de hockey qui incluait Newsy Lalonde et Cyclone Taylor. En plus, rien n’assure que vous ne serez pas victime de fraude, même en achetant un jeton gradé par PSA vous ne pourrez en être certain. On a vu meilleur placement. Pensez-y à deux reprises avant de vous lancer dans cette collection charmante, mais risquée.