vendredi 1 août 2014

L’Anti-expo, un nouveau salon pour collectionneurs à Montréal en octobre 2014

Guy Lapointe sera sur place.

Des marchands de Laprairie sur la Rive Sud présentent un nouveau salon pour collectionneurs sur le territoire montréalais qui semble prometteur. Surnommé l’Anti-expo, le salon prévoit regrouper 90 kiosques et une soixantaine d’exposants d’objets de collections divers. On retrouvera des cartes sportives, mais aussi des cartes non-sportives qui plaisent tant aux jeunes. 

L’organisation semble miser gros pour rendre le salon attrayant. Plusieurs activités sont prévues: tournoi de cartes Magic, encan silencieux, ouverture de boîtes de cartes, etc. ACA Grading sera sur place pour faire la gradation des cartes de collection. Samedi, les amateurs pourront obtenir l’autographe du nouveau venu du Canadien, P.-A. Parenteau (séance prévue à 13h). Le lendemain, David Desharnais (13h), Serge Savard et Guy Lapointe (14h) signeront à leur tour. Les amateurs devront payer 25$ pour chaque autographe.

Difficile de comprendre pourquoi cette exposition revendique le titre d’anti-expo.  Les efforts d’innovation sont flagrants, mais l’événement demeure une foire commerciale avant tout. Il faudra voir sur place.

L’exposition aura lieu les 4 et 5 octobre de 10h à 16h30 au Collège André-Grasset, au 1001 boulevard Crémazie à Montréal. L’entrée est gratuites, mais pas le stationnement. L’offre semble prometteuse et il y a largement place à deux salons majeurs pour les collectionneurs d’objets sportifs à Montréal. Après tout, cette ville n’est-elle pas la Mecque du hockey?

Infos: 514 679-1257

jeudi 17 juillet 2014

Dix suggestions pour apprécier la région de Cooperstown


Sauvage et grandiose, la nature qui entoure le village de Cooperstown plante le décor à une multitude d’activités pour tous les goûts. Ainsi, il n’y en a pas que pour les amateurs de baseball. 10 suggestions pour que toute la famille profite pleinement de la beauté des collines qui marquent la fin de la chaîne des Adirondacks.

Un bon bistro: Alex & Ika

Alex est le chef du meilleur bistro de Cooperstown et sa femme, Ika, en est l’hôtesse. Suédoise, Ika avoue candidement ne rien connaître au baseball. Il n’est donc pas surprenant qu’elle n’ait pas reconnu l’ancien lanceur des Orioles de Baltimore et membre du Temple de la renommée, Jim Palmer, lorsqu’il s’est présenté à son établissement. 
Comme le week-end d’intronisation est le plus achalandé pour tous les commerces de Cooperstown, il ne restait plus de table pour Palmer et sa compagne. Ika leur a alors offert de s’installer au bar, près de l’entrée et de son poste d’hôtesse. Tous dans le bistro avaient reconnu le lanceur-vedette, sauf Ika. 

En bonne hôtesse, elle leur a recommandé les meilleurs plats. Puis un vin pour les accompagner. Et un autre… La conversation s’est poursuivie toute la soirée. Ika s’est même permis quelques verres en compagnie du charmant couple. Ce n’est qu’après le départ de Palmer qu’elle a appris son identité. Le couple Palmer ne s’en est pas formalisé puisqu’il s’est marié à Cooperstown après cette soirée. Depuis, les Palmer reviennent fréquemment chez Alex & Ika. 
Si ce restaurant est suffisamment bien pour que Jim Palmer y célèbre sa noce, je ne peux que vous le recommander.
Alex & Ika
149 Main Street, Cooperstown


Opéra champêtre
Dans les collines des Adirondacks en retrait du village, la salle de concert Glimmerglass tient son festival d’opéra annuel. Trois oeuvres sont présentées ce week-end: Mmme Butterfly, Carousel et An American Tragedy. Une soirée chic en pleine nature.

The Glimmerglass Festival
7300 Autoroute 80, Cooperstown

Profiter de la nature pour se loger
Le week-end d’intronisation est de loin le plus achalandé à Cooperstown. Il est pratiquement impossible de trouver une chambre à moins de 30 minutes de route. Pour trouver un motel, nous vous conseillons la ville d’Oneonta au sud de Cooperstown. En revanche, la nature est magnifique dans la région et les terrains de camping sont nombreux et peu coûteux. Réservez avant de partir. Les plus près affichent probablement déjà complet.

Le charme de la Route 28
Pourquoi ne pas profiter des charmes de la campagne pour la visiter à vélo? La route 28, au sud de Cooperstown, offre des paysages splendides et dispose d’un accotement suffisant pour les cyclistes. Les collines omniprésentes peuvent aussi rendre la balade plus sportive pour les habitués du vélo. 



Gants de baseball anciens au Wood Bull Antiques de Milford.
Chasseurs d’antiquités
La région entière ressemble à un grenier pour antiquaire. Ici, rien n’est rénové avec des nouveaux matériaux; on respecte le style d’antan coûte que coûte. Les amateurs de brocante doivent prendre la route 28 en direction de Milford, au sud de Cooperstown, où se trouvent nos deux antiquaires favoris.

Le Old Gristmill est un bâtiment de campagne que partagent un collectif de brocanteurs dont chacun a sa spécialité. Le choix des articles est judicieux et éclectique et les prix sont bons. Comme il s'agit d'un collectif, le marchandage est plus compliqué. Un immanquable.

Judith et Kip Coburn ont acheté une ferme dans les années 70. Dès lors, ils ont transformé la grange en boutique d’antiquités. Quatre étages gigantesques (12 000 pied carrés) où s’entassent près de 40 ans d’acquisition d’objets hétéroclites. Le Wood Bull Antiques est une véritable caverne d’Ali Baba pour amateur d’art primitif américain ou de meubles rustiques. Judith et Kip préfèrent les meubles avec 80 ans de patine aux tables décapées et vernies. Un fouillis à première vue, mais chaque partie de la grange est séparée en thématique aménagée avec soin et les propriétaires ont clairement un oeil avisé pour dégoter les perles.

Old Gristmill Antiques 
2838 Autoroute 28, Portlandville

Wood Bull Antiques 
3920 Autoroute 28, Milford


Le Folk Art à l’honneur
Stephen Carlton Clarke possédait une immense collection d’art «folk» américain (il collectionnait aussi les Van Gogh, Matisse, etc…). Il a légué une partie de sa riche collection au Fenimore Art Museum. Le musée est aussi un don de la famille Clarke. Baptisé en l’honneur de Fenimore Cooper, premier romancier américain et auteur de «Le dernier des Mohicans», l’institution exhibe l’histoire américaine en peintures ou en sculptures.

Outre la collection permanente, le musée présente actuellement l’oeuvre de Homer Winslow, peintre devenu célèbre en illustrant les scènes de la guerre civile américaine pour le Harper’s Weekly au XIXe siècle. Plus d’une vingtaine de ses toiles sont exposées. Ses aquarelles, un médium que Winslow maîtrisait subtilement, sont particulièrement belles.

Le musée fait aussi un clin d’oeil à Madame Butterfly, un des spectacles en vedette cet été au Glimmerglass Opera. Une salle complète présente des estampes japonaises sur bois datant du XIXe siècle d’une grande finesse. Ces illustrations qui avaient pour but d’embellir le mode de vie traditionnel japonais tiennent presque du rendu de la bande dessinée actuelle.

Fenimore Art Museum
5798 Route 80, Cooperstown



À la ferme comme en 1845
Stephen Clarke ne s’est pas contenté de donner un hôpital, le Temple de la renommée du baseball et sa collection de tableaux au Fenimore Art Museum. Il a aussi offert la ferme de son frère à la communauté de Cooperstown. Il a ajouté toute sa collection d’objets agraires anciens et déplacé plusieurs édifices historiques de la région pour fonder le Farmer’s Museum. Le vaste domaine en face du musée d’art Fenimore permet aux visiteurs de voir la vie champêtre américaine de 1845.
The Farmer’s Museum
5775 Autoroute 80, Cooperstown

Sortie entre adultes
Propriété des brasseurs belges Duvel, la brasserie Ommegang est demeurée typiquement américaine et elle en est fière. Elle brasse des bières fines à la manière belge avec des résultats emballants, battant même leurs maîtres lors de concours… en Belgique! Ils offrent des visites guidées montrant la fabrication de leurs bières et, surtout, des dégustations de leurs produits pour quelques dollars.
Brasserie Ommegang
656 Route 33, Cooperstown

Les pommes favorites de Martha Stewart 
Le moulin à pommes de Fly Creek a été bâti en 1856. La famille Michaels s’y est installée en 1964 pour fabriquer du cidre selon une vieille recette. Leurs produits ont toujours été aussi bons, mais le succès est devenu phénoménal lorsque Martha Stewart y a tourné un épisode diffusé au travers les États-Unis en entier. L’opulente boutique offre le plaisir de goûter plusieurs délicieux produits.
Fly Creek Cider Mill & Orchard
288 Goose Street, Fly Creek

Croisière sur le lac Otsego
Au bout de la rue Fair, à deux pas du Temple de la renommée, la marina du Lake Front Motel offre des croisières d’une trentaine de minutes à bord du Glimmerglass Queen. Rien de mieux pour casser la journée et quitter temporairement la frénésie de Cooperstown que de prendre un verre sur les eaux du lac Otsego, la plus grande étendue d’eau de la région.
10 Fair Street, Cooperstown

Le Diner de la rue principale de Cooperstown est un classique pour les petits déjeuners.

vendredi 4 juillet 2014

Le discours d’adieu de Lou Gehrig a 75 ans aujourd'hui

Le 2 mai 1939, le premier but des Yankees de New York Lou
Gehrig interrompait volontairement sa séquence de 2130 matchs d’affilée. Sa moyenne au bâton était anémique, de loin la pire de sa carrière. Sa puissance au bâton hors du commun avait tout simplement cessé d’exister. On lui diagnostique la maladie de Charcot, une maladie dégénérative qui ne lui laisse qu’au plus trois ans à vivre.

Il se retire le 30 avril suivant. Tous les amateurs de sports sont touchés par le destin tragique de leur héros et les Yankees rendent hommage à Gehrig lors du match du 4 juillet 1939.

Le Iron Horse (le surnom de Gehrig) prononcera un discours d’adieu historique lors des cérémonies de ce match. Malgré le mauvais sort qui le frappe, il se dit l’homme le plus chanceux de la Terre. 

Gehrig est mort le 2 juin 1941 à l’âge de 37 ans. Aujourd’hui, le syndrome dont il était atteint a été nommé «maladie de Lou Gehrig». On ne lui connaît pas encore de cure.

Les Yankees de New York lui ont rendu un hommage particulièrement touchant en faisant appel aux premiers buts du baseball majeur actuels. L’hommage se termine sur les paroles de Derek Jeter, un autre grand des Yankees qui est à quelques coups sûrs de dépasser le Iron Horse sur la liste des plus grands de l’histoire des Yankees.

Regardez la vidéo hommage à Gehrig:
http://m.mlb.com/video/v34196007/75th-anniversary-of-lou-gehrigs-speech/?partnerId=ed-8395045-721218433


En voici les paroles originales (en anglais):


"The Luckiest Man on the Face of the Earth"
Fans, for the past two weeks you have been reading about the bad break I got. Yet today I consider myself the luckiest man on the face of the earth. I have been in ballparks for seventeen years and have never received anything but kindness and encouragement from you fans.
Look at these grand men. Which of you wouldn't consider it the highlight of his career just to associate with them for even one day? Sure, I'm lucky. Who wouldn't consider it an honor to have known Jacob Ruppert? Also, the builder of baseball's greatest empire, Ed Barrow? To have spent six years with that wonderful little fellow, Miller Huggins? Then to have spent the next nine years with that outstanding leader, that smart student of psychology, the best manager in baseball today, Joe McCarthy? Sure, I'm lucky.
When the New York Giants, a team you would give your right arm to beat, and vice versa, sends you a gift—that's something. When everybody down to the groundskeepers and those boys in white coats remember you with trophies—that's something. When you have a wonderful mother-in-law who takes sides with you in squabbles with her own daughter—that's something. When you have a father and a mother who work all their lives so that you can have an education and build your body—it's a blessing. When you have a wife who has been a tower of strength and shown more courage than you dreamed existed—that's the finest I know.
So I close in saying that I might have been given a bad break, but I've got an awful lot to live for. Thank you.

mercredi 18 juin 2014

Combien vaut une carte recrue de Wayne Gretzky?

Comme beaucoup de jeunes de votre âge, vous avez acheté des cartes de hockey en 1979. Vous les avez remisées et aujourd’hui vous les ressortez de la boîte à chaussures où elles dormaient depuis longtemps. Vous admirez ces cartes au contour bleu vif quand vous tombez sur la carte recrue de Wayne Gretzky bien penché sur ses patins, son inséparable casque Jofa sur la tête. Amateur de hockey, vous savez bien qu’elle a une belle valeur, mais combien vaut-elle?

Tout dépend de la condition de la carte. Le magazine Beckett, référence en la matière, lui attribue une valeur aux alentour de 800$ lorsqu’elle est en bonne condition. Les marchands à qui vous la montrerez vous diront qu’elle vaut moins que cela car on la trouve facilement sur le marché —ce qui est vrai. Il est aussi généralement vrai qu’ils tenteront de vous l’acheter à bas prix… Vous devez donc évaluer sa condition. Beckett possède aussi un service d’évaluation appelé BVG. Ils évaluent les cartes selon quatre critères: la qualité d’impression, la surface, la qualité des bords et coins et le centrage de l’image.

Personne n’est mieux placé pour faire cette évaluation que les compagnies de gradation (PSA, KSA, BVG, SGC, ACA et autres). Nous vous recommandons de faire grader toute carte recrue de Wayne Gretzky à moins qu’elle n’aie servie à faire un bruit de moteur en frottant sur les rayons de votre bicyclette lorsque vous étiez petit. Le grade que vous obtiendrez pour cette carte sera crucial pour évaluer sa valeur.

Prewarcardcollectors, les géants d’eBay
Pour connaître la fluctuation de la valeur d’une carte recrue
de Wayne Gretzky, nous avons examiné les résultats d’une vente à l’encan récente (13 juin 2014) du géant Prewarcardcollectors (PWCC). Depuis le retrait de Capitale Sports Cards du site d’enchères eBay, PWCC est le géant incontesté de la vente de souvenirs sportifs sur eBay. Ce soir-là, PWCC a vendu pas moins de 14 cartes recrues de Wayne Gretzky, ce qui nous a permis de tirer certaines conclusions.

PSA, la référence
La firme PSA obtient généralement la préférence des collectionneurs de cartes de hockey, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans les autres sports. La note octroyée par PSA fait consensus. KSA a tendance à être plus indulgent et la rumeur dit qu’on attribue généralement une note plus élevée d’un point chez KSA en rapport à la note obtenue chez PSA. Le graphique qui suit tend à vérifier cette hypothèse car les prix obtenus par la vente d’une carte de Gretzky évaluée par PSA sont supérieurs à ceux obtenus par les cartes évaluées par ses compétiteurs. Quatre cartes gradées 8 (NM-MT) ont été vendues lors de cette enchère. Deux avaient été gradées par PSA et leur prix de vente a été de 1711$ US et 1561$ US. Gradée chez SGC, elle a rapporté 1325$ et 835$ lorsque gradée chez KSA. Une marge importante de 876$ sépare la carte gradée par PSA qui s’est vendue le plus cher à celle de KSA.

O-Pee-Chee ou Topps
Deux compagnies distribuaient la carte de recrue de Wayne Gretzky en 1979: O-Pee-Chee au Canada et Topps au États-Unis. L’ancien propriétaire d’O-Pee-Chee (OPC), Gary Koreen, nous racontait en entrevue: « La grande majorité des cartes de hockey étaient vendues au Canada. O-Pee-Chee vendait au moins 10 fois plus de cartes que Topps».

On pourrait en déduire que les Topps valent plus puisqu’elles sont plus rare, mais ce n’est pas le cas. La plupart des collectionneurs possèdent des OPC et ils ne veulent pas mêler les deux sortes. La valeur des OPC est nettement supérieure. Cette affirmation se vérifie aussi lors de cette enchère. Des cartes recrues de Gretzky des deux compagnies soeurs gradées PSA 8 ont été vendues à des prix fort différents. La O-Pee-Chee a rapporté 1711$ US et la Topps 700$ US; moins que la moitié. Une Topps gradée 7 a obtenu 177,50$ US, soit moins qu’une PSA gradée 4 (291$ US) malgré l’écart important de trois points sur une échelle de 10. Cela prouve que la demande pour les OPC est nettement supérieure à celle des Topps.


Graphique tiré des sommes obtenues lors de l’enchère du 13 juin 2014


Gretzky, un bon placement
Si la valeur d’une carte recrue peut fluctuer beaucoup, il n’en reste pas moins qu’elle a une belle valeur. Ce même encan nous a aussi permis de comparer la valeur de la carte recrue de la Merveille en rapport aux autres grands du hockey. 

Pour un, son éternel rival Mario Lemieux était loin de rapporter des sommes aussi appréciables. Une carte recrue de Lemieux gradée 9 (OPC 1985-86) a obtenu une somme de 173,50$ US. Une Gretzky gradée 9 a été vendue 7656$ US ! Il faut avouer que la somme obtenue pour la carte de Lemieux constituait une anomalie. Son prix de vente aurait dû être un peu supérieur. L’acheteur est sûrement très heureux de son acquisition.

Habituellement, plus une carte est vieille, plus son prix est élevé. L’adage se vérifie lorsqu’on compare Wayne Gretzky à Bobby Orr. La carte recrue Topps 1966-67 gradée PSA 4 de Orr a rapporté 1524$ US comparativement à 291$ US pour une Gretzky de grade équivalent. La palme pour une carte recrue lors de cette enchère a été remportée par la carte recrue de Georges Vézina, l’ancien gardien de buts du Canadien. Cette carte de la série C55 d’Imperial Tobacco était insérée dans les paquets de cigarettes en 1911. Gradée PSA 7, elle a valu la faramineuse somme de 21 101$ US à son propriétaire. Inutile d'ajouter que cette carte plus que centenaire est rare, surtout dans un si bon état. Elle ne mesure qu’environ deux pouces par un pouce. Ca fait cher le pied carré.





En conclusion, il vaut mieux faire grader une carte recrue de Wayne Gretzky si vous en possédez une en bonne condition. Cette opération augmente sa valeur, mais, avant tout, elle certifie à l’acheteur potentiel qu’il ne s’agit pas d’un faux. Des faussaires ont reproduit cette carte de grande valeur.

La gradation pose aussi quelques problèmes. Le standard préféré des collectionneurs est la certification PSA. Comme les cartes recrues de Gretzky ne sont pas rares, il vaut mieux opter pour un firme qui effectue la gradation immédiatement sur place. Vous serez ainsi assuré qu’il s’agit bien de votre carte. Dans ce cas, il est plus difficile de faire grader sa carte par PSA car on ne les trouve généralement que dans des expositions aux États-Unis. Il est plus facile de faire affaire avec KSA, toujours présents à l’exposition de Montréal. Une autre option serait de faire affaire avec ACA, une firme québécoise facile à rejoindre.


PWCC a vendu 14 cartes recrues de Wayne Gretzky le 13 juin 2014 dont cette carte de qualité exceptionnelle.

Pour m'écrire: arivest@lapresse.ca

vendredi 7 mars 2014

Classic Auctions fait l’acquisition d’AL Collections + Invités au Centre Pierre-Charbonneau


La firme Classic Auctions de Delson a ajouté une corde à son arc en englobant les activités d’AL Collections. Classic Auctions, une firme québécoise, est présentement la plus grande maison d’enchères de souvenirs de hockey. On retrouve plusieurs maisons d’enchères sportives sur le web au États-Unis dont le chiffre d’affaires et la renommée est plus grande, mais aucune n’offre autant de variété en matière de hockey. 

D’illustres joueurs de notre sport national avaient confié à cette entreprise le soin de vendre leurs souvenirs sportifs aux enchères, notamment Jean Béliveau et Maurice Richard (sa succession). Leur plus grand coup d’éclat a été de vendre le chandail porté par Paul Henderson à la légendaire Série du siècle contre la Russie en 1972. La mise gagnante avait été de 1,275 millions de dollars US ( à cette somme, il faut ajouter les taxes et 19,5% de commission).

Spécialisé dans l’organisation d’activités de signatures d’autographes de sportifs, AL Collections avait pignon sur rue à Brossard. Cette boutique est maintenant fermée, mais AL Collections poursuit ses activités sous la bannière de Classic Auctions. Selon l’ancien propriétaire André Lessard, une boutique devrait être ouverte chez Classic Auctions à Delson. Les collectionneurs habitués de l’expo du Centre Pierre-Charbonneau connaissent tous André Lessard et sa firme qui organisaient les séances d’autographes à ces deux expositions annuelles.

Selon M. Lessard, rien n’est changé en ce sens: les invités du salon printanier tenu les 22 et 23 mars 2014 seront Patrice Bernier, capitaine de l’Impact, Serge Savard et Bob Fillion, deux anciens du Canadien. Serge Savard n’a plus besoin de présentations, mais peu de gens ont vu jouer Bob Fillion. Et pour cause. Le sympathique M. Fillion a joué pour le Canadien de 1943 à 1950! Rapide patineur, Bob Fillion évoluait au sein du trio défensif du Canadien mené à cette époque par Maurice Richard et la fameuse Punch Line. Il n’est pas le plus vieux ancien joueur du CH vivant (Elmer Lach revendique ce titre), mais, contrairement à Lach, M. Fillion est en excellente santé malgré ses 92 ans. Inutile d’ajouter qu’il est impératif de profiter de l’occasion pour obtenir l’autographe de ce pionnier de la Sainte-Flanelle.

vendredi 28 février 2014

Exposition pour collectionneurs à Lévis


Il nous fait toujours plaisir d’annoncer une nouvelle exposition pour collectionneurs, spécialement celles hors de Montréal. Si les expositions à Montréal sont presque trop nombreuses, celles en région sont plus rares. Pourtant les collectionneurs sont partout au Québec. La santé du marché se porte mieux à chaque exposition supplémentaire.

Dimanche, le 6 avril 2014, se tiendra la deuxième présentation du Salon des collectionneurs de Lévis. On y trouve principalement des collections de timbres et de monnaie, mais quelques kiosques de souvenirs sportifs seront aussi sur place.

L’événement est présenté au Centre Raymond-Blais (6, rue Olympique) de 10h à 16h30. L’entrée est gratuite. Renseignements: Roger Dumont 418 304-0757 ou Pierre Minguy au pierre241@hotmail.com. 

Roger Dumont organise aussi une expo à Rimouski. On souhaite vivement le voir acceuillir des marchands de souvenirs sportifs lors de cet événement aussi. Nous vous tiendrons au courant.

mardi 11 février 2014

Dates des exposition pour collectionneurs de Montréal et Drummondville printemps 2014

TORONTO
Nous savions déjà que l’exposition de Toronto asera tenue les 2, 3 et 4 mai 2014. La liste des invités se précise peu à peu. Les anciens Broad Street Bullies seront à l'honneur le samedi 3 mai avec la présence de Bobby Clarke, de Bill Barber, de Reggie Leach et de Bernard Parent. Le dimanche, trois invités ont confirmé leur participation soit Joe Nieuwendyk et Theoren Fleury, anciens joueurs des Flames de Calgary, ainsi que le lutteur Bret «The Hit Man» Hart.

MONTRÉAL
L’exposition printanière du Centre Pierre-Charbonneau à Montréal sera présentée les 22 et 23 mars 2014. Aucune confirmation n’a été faite sur les invités présents. Nous vous tiendrons au courant aussitôt qu’AL Collection daignera annoncer ceux-ci.


Richard Sévigny et le légendaire soigneur du Canadien, Eddie Palchak.




DRUMMONDVILLE
Pour les collectionneurs d’antiquités, l’intéressante exposition de Drummondville se tiendra les 12 et 13 avril cette année. Le sport n’est pas nécessairement aussi présent que dans les premières expos, mais le salon est habituellement très intéressant. On vous avait dit tout le bien qu’on en pensait précédemment sur ce blogue: http://howiemorenz.blogspot.ca/2012/04/grand-succes-de-lexposition-des.html

En passant, les collectionneurs de Drummondville seront à nouveau choyés cette année. La Tournée des collectionneurs fait un arrêt le 2 mars 2014 au Centre communautaire Pierre Lemaire (325, boulevard Saint-Joseph Ouest). Organisée par Yves Gaudet, l’exposition accueille l’ancien gardien du Canadien et des Nordiques, Richard Sévigny. Ils avaient reçu Henri Richard l’année dernière dans le cadre de cette même tournée. Le prix des autographes est de 10$. Il serait bon que toutes les étapes de la Tournée des collectionneurs jouissent aussi d’invités de prestige. 

;-) 

Qui se rappelle de l’école de hockey de Bobby Orr dans les années 70? Le camp se tenait à Orillia en Ontario.

jeudi 6 février 2014

D’où vient l’expression «tour du chapeau» ?

L’entraîneur du Canadien Toe Blake et son célèbre chapeau.
De Montréal, naturellement. C’est du moins ce que dit M. Lefèvre de la boutique Henri et Henri. L’illustre chapelier tient boutique sur la rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal depuis 1932. Un regard à la boutique réussit à nous en convaincre. Extérieurement, l’édifice a l’air tout droit tiré du passé. Rien ne semble avoir changé, d’autant plus qu’il est situé sur un tronçon de la «Main» qui a connu des jours plus heureux. Le contraste avec les Foufounes électriques et les boutiques de tee-shirts heavy metal des alentours est frappant.

À l’intérieur aussi, rien ne semble avoir changé. Les présentoirs de bois ouvragé à l’ancienne ornés de chapeaux de feutres et de Stetsons rappellent le look Toe Blake derrière le banc du Canadien dans les années 1950. La boutique est toujours tenue par les descendants de la famille Lefèvre depuis  ses débuts. M. Lefèvre avait pris l’habitude d’offrir un chapeau à chaque joueur qui comptait trois buts lors d’un match au Forum, ce qui lui faisait une belle publicité. Les joueurs, moins choyés qu’aujourd’hui, appréciaient le cadeau et la direction du Canadien laissait libre
Un autre chapeau de chez Henri et Henri pour un
habitué, Maurice Richard.
cour à ces promotions directes. On se doute bien que l’équipe y trouvait aussi un intérêt. Du moins, les joueurs l’appréciaient et c’est ainsi qu’est née l’expression «tour du chapeau». Directement du vestiaire du Canadien. Au dessus de la caisse enregistreuse (d’époque) du magasin, on peut voir M. Lefèvre offrir un chapeau à un joueur au centre de la glace sous le regard de Kenny Mosdell.

L’expression est restée, engendrant ultérieurement le fameux déluge de couvre-chefs au centre de la patinoire après le troisième but d’un joueur. Autant d’amateurs heureux qui devaient passer chez Henri et Henri après la partie pour en acheter un nouveau chapeau…

samedi 18 janvier 2014

Dates des expositions au Ruby Foo's et au Carrefour l’Entre-Gens à Montréal en 2014

Publicité parue dans le
Hockey News en 1971.

En attendant le dévoilement des dates de la prochaine exposition au Centre Pierre-Charbonneau à Montréal, voici celles des deux autres lieux privilégiés pour les collectionneurs, soit l’hôtel Ruby Foo's et le Carrefour communautaire de Rosemont.


Montréal
Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens
5675, rue Lafond, Montréal
(entre le boulevard Rosemont et la rue Dandurand)
Une quarantaine de tables. Entrée gratuite. De 10h à 14h.

Prochaines expositions:
  • 2 février
  • 16 février
  • 9 mars
  • 13 avril
Montréal
Hôtel Ruby Foo's
7655 Boulevard Décarie
Prochaine exposition: 26 janvier 2014 (10h à 13h)
À venir: 9 février, 23 février, 16 mars, 30 mars

La grande exposition de Toronto aura lieu les 2, 3 et 4 mai 2014. Pour l’instant, deux invités de marque ont confirmé leur présence, Bill Barber et Bobby Clarke, ancien Flyers de Philadelphie.

Tous les détails de ces expos en cliquant ici: http://howiemorenz.blogspot.ca/p/collectionneurs-dates-retenir.html

mardi 7 janvier 2014

Une note de C pour les cartes de hockey O-Pee-Chee 2010-11 et une amélioration pour l'édition 2011-12

La série annuelle O-Pee-Chee (OPC) est l’une de nos favorites. Habituellement, il s’agit de la collection de cartes de hockey la plus complète sur le marché avec 500 cartes dans l’ensemble de base en plus de 50 cartes de légendes du hockey et de 50 cartes recrues. Seule la série Score offre un aussi grand choix de joueurs depuis deux ans seulement, année où la LNH a décidé de scinder les droits de production de ses cartes entre deux compagnies soit Panini et Upper Deck qui possèdent la marque OPC.

Les cartes loterie
500 cartes de base, cela veut dire qu’on retrouve presque tous les joueurs de chaque équipe. La plupart des autres séries se contentent de nous offrir les vedettes de chaque équipe et oublient les Hal Gill ou Daniel Paillé, des rouages importants de leur équipe malgré tout, qu’il fait bon revoir 20 ans plus tard. Ces autres séries s’inscrivent dans une catégorie qu’on appelle les séries de cartes loterie où le but de la collection n’est pas de posséder l’ensemble complet, mais d’obtenir des cartes spéciales à valeur ajoutée comme les autographes, les morceaux de pièce d’équipement ou les éditions limitées de cartes rares. L’acheteur ouvre un paquet de ces séries comme on frotte un gratteux au dépanneur et se soucie peu des cartes de base que contiennent ce paquet. Ce qu’il vise, c’est d’obtenir LA carte, celle à la plus grande valeur ajoutée.

La saison 2010-11
La boîte réservée à l’espace de la photo
a une forme étrange arrondie sur le bas.
Les photos les plus efficaces pour ce
drôle de cadrage sont celles où le
joueur penche vers la droite comme
sur cette carte de Ryan Kesler.
L’édition de 2009-10 avait causé une agréable surprise avec sa série parallèle qui imitait le design des cartes O-Pee-Chee de 1979-80, l’année où la carte recrue de Wayne Gretzky était publiée. On pouvait même parler d’un engouement très fort pour cette série qui elle-même avait été précédée d’une très bonne édition en 2008-09. Inutile de dire que les attentes étaient élevées pour les OPC des années suivantes. 

La cuvée de 2010-2011 est décevante en comparaison avec les précédentes. Le design des cartes de base est surchargé et l'espace réservé à la photo est trop petit, mais surtout la forme étrange de cette boîte arrondie fortement dans le coin inférieur droit est très contraignante pour le choix de la photo. Pour être efficace, il faut choisir une photo où le joueur est incliné vers la droite sinon le coin inférieur droit rogne forcément ses jambes. Format peu pratique pour les photos de gardiens de but qui sont habituellement sur la largeur.

La forme arquée du cadre supérieur
de la photo contraint inutilement son
espace. Le lettrage au haut de la carte
est inutilement décoratif et que dire
du choix de la photo de Robinson?
Les équipes d’étoiles sont pratiquement impossibles à assembler. Pour une raison obscure, il faut acheter des quantité phénoménales de boîtes, sinon de caisses, pour obtenir les joueurs des deux équipes d’étoiles. La série offre aussi des versions Rainbow de ses cartes soit une version avec impression à effet métallique qui n’offre pas d’avantages sur le set de base et qui coûte nettement plus cher.

L'ensemble de base version parallèle était plus réussi avec sa forme de bouclier très coloré aux couleurs vives. Ce design était particulièrement efficace avec des gros plans des joueurs découpés sur fond coloré. On ne peut par contre utiliser les gros plans pour chaque carte car l’effet d’ensemble trop répétitif aurait paru ennuyant.

La partie la moins réussie qui gâche cette série est celle des cartes recrues et des légendes du hockey. Que dire de l’affreuse entête qui coiffe ces cartes? Une typographie courbée colorée d’un dégradé de couleurs dans une forme bizarre qui réduit inutilement l’espace de la photo! Bref, une édition à oublier.

Amélioration en 2011-12
Tyler Seguin en version de base.
La version 2011-12 montre une belle amélioration sur la précédente en reprenant une présentation assez semblable malgré tout. La grande différence entre les deux séries est la sobriété du design. Cadrage plus classique sur fond bleu ciel et gris, typographie plus retenue (adieu le dégradé de couleur dans le lettrage) et l’espace de la photo est encore légèrement réduit par une oblique au bas de la carte, droite cette fois-là. L’oblique est plus contraignante pour les cartes légendes et recrues car elle est située en haut de la carte. Ceci oblige presque toujours l’utilisation d’un gros plan pour ces cartes.

Un des désavantages des séries O-Pee-Chee est l’absence des meilleures recrues dans les ensembles. Comme elle sortent assez rapidement à l’automne, la production de ces cartes est faite durant le camp d’entraînement. Depuis quelques années, une règle régit la production des cartes recrues des joueurs: le joueur doit avoir disputé au moins un match officiel dans la LNH avant que l’on puisse produire sa carte recrue. Cette règle a mis de l’ordre dans l’anarchie qui régnait sur le marché auparavant.

Bobby Orr version rétro.
La carte d’Howie Morenz
en 1933-34, la série
originale d’O-Pee-Chee
qui a servi d’inspiration
à la version rétro.
La série rétro est aussi très intéressante cette saison. Elle s’inspire de la toute première série produite par la compagnie en 1933, la V304A et sa suite la V304B, des cartes magnifiques où les joueurs (certains immortels du hockey comme Eddie Shore et Howie Morenz) étaient imprimés en noir et blanc sur un fond d’une autre couleur en aplat. Les amateurs de vintage adorent, mais elles déplaisent à ceux qui préfèrent un design plus moderne. 

On peut trouver les 600 premières cartes des deux dernières séries OPC (le set de base avec les 50 cartes légendes et les 50 cartes recrues) pour environ 125$ à 200$ sur le marché. Ces séries ne font que gagner en valeur avec les années.

mardi 1 octobre 2013

Marcel Bonin — Portrait d’un joueur francophone de la LNH dans les années 50

Dickie Moore, Jean Béliveau et Marcel Bonin en 1959.

L’ailier gauche, Marcel Bonin, a joué dans la Ligue Nationale de hockey pendant neuf saisons. Natif de Montréal, il est déménagé très jeune à Joliette dans Lanaudière. Lui qui a pratiquement grandi dans la cour arrière du Canadien, il a pourtant fait ses débuts dans la Ligue avec les Red Wings de Detroit dans la saison 1952-53. Heureusement, il a pu terminer sa carrière avec le Canadien, qui ne lui avait pourtant pas offert sa première chance.

Contrairement à la croyance populaire, le Canadien n’avait pas un droit exclusif sur tous les joueurs francophones du Québec. Dans les années 1920 et 1930, l’influent propriétaire du Canadien, Léo Dandurand, avait obtenu le droit d’aligner tous les francophones qu’il souhaitait avec le Canadien. Il s’agissait  cependant d’une entente tacite que les autres propriétaires respectaient, voyant bien l’importance du marché francophone montréalais. C’était par cette règle officieuse que Dandurand avait pu obtenir le droit d’aligner sa première supervedette, Howie Morenz. Pourtant, Morenz, natif d’Ontario, ne parlait pas un mot de français. Il était d’origine suisse et Dandurand avait du recourir à une ruse en prétendant que la Suisse était un pays francophone. Subterfuge car le père de Morenz provenait plutôt de la partie germanique de la Suisse. 

Officiellement, la pratique du repêchage systématique des deux meilleurs francophones québécois n’a eut court que dans les années 1960 sous le règne du directeur général du Canadien, Sam Pollock, qui avait fait entériner cette règle par les autorités de la Ligue de façon à protéger son territoire avant l’expansion de 1967. Les deux derniers joueurs francophones repêchés grâce à cette règle ont été Marc Tardif et Réjean Houle.

L’insistance des autres équipes a mis fin à cette pratique injuste l’année suivante. Heureusement car cette saison-là, Gilbert Perreault allait devenir le premier choix du repêchage. Les Sabres de Buffalo, nouvellement arrivés dans la Ligue en même temps que les Canucks de Vancouver, choisissaient ce grand joueur pour bâtir leur concession.

Si cette règle avait été reconduite quelques autres saisons, le Canadien aurait pu aligner Perreault, Lafleur et Dionne dans la même équipe.

Marcel Bonin et Jean Béliveau avec les As de Québec 
Dans les années 1950, au moment où Marcel Bonin débutait sa carrière, le Canadien avait une longueur d’avance sur les autres équipes pour dépister le talent au Québec. Les meilleurs joueurs amateurs signaient un contrat appelé «formule B» qui les liait à l’équipe à jamais. Jean Béliveau avait signé ce type de document alors qu’il s’alignait pour les As de Québec. Aussitôt qu’un joueur qui avait signé une formule B passait dans les rangs professionnels, il devait s'aligner avec l'équipe de la LNH avec laquelle il avait signé ce contrat.

Marcel Bonin avec les As de Québec.
Québec avaient misé gros sur Béliveau. On lui doit même une partie de la rentabilité de la construction du Colisée, le même édifice qui accueillera les Nordiques plus tard. Un incendie avait détruit le vieil aréna et la ville de Québec ne se voyait pas sans hockey. Elle a immédiatement fait construire un nouvel édifice ultramoderne. Frank Byrne, un des grands bonzes du hockey à Québec, avait misé sur un jeune inconnu de Victoriaville pour emplir cet édifice. C’est ainsi que Jean Béliveau a fait ses débuts avec les Citadelles de Québec. Sitôt son stage junior terminé, Béliveau a décidé de demeurer à Québec en guise de gratitude envers sa ville d’adoption en s’alignant pour les As dans la Ligue sénior du Québec, au grand dam de la direction du Canadien. Le public remplissait les gradins du nouvel amphithéâtre pour voir jouer ce jeune prodige. Il n’était donc pas surprenant que Québec ait fait des pieds et des mains pour garder le grand Jean dans l’uniforme des As. Béliveau était heureux et fort bien traité à Québec. Il faisait même un salaire supérieur à celui des joueurs du Canadien. Frank Selke, le directeur général du Canadien, n’était pas reconnu pour sa générosité.

La Ligue sénior du Québec, dont les As faisaient partie, avait le statut de ligue amateure. Frank Selke avait dû manigancer pour changer le statut de la ligue dans le but d’acquérir les services de Béliveau. Le Canadien était déjà propriétaire du Royal de Montréal — l’équipe était pilotée par Elmer Lach, ancienne grande vedette du Canadien et ami de Selke. Le Canadien subventionnait largement les frais des Cataractes de Shawinigan et aidait certaines équipes en difficultés financières comme les Saints de Sherbrooke. Selke a forcé la ligue à tenir un vote sur son statut qui la ferait passer d’amateure à professionnelle. Comme plusieurs équipes comptaient sur son appui pour obtenir des joueurs et du financement, Selke a pu obtenir un vote majoritaire. Seuls les As s`étaient opposé au changement de statut. La ligue devenant officiellement professionnelle, Béliveau, qui avait signé une formule B, devait donc joindre les rangs du Canadien car, légalement, il ne pouvait jouer pour aucune autre équipe professionnelle.

Son coéquipier avec les As, Marcel Bonin, n’avait pas droit au même traitement royal que la grande vedette des As. C’était pourtant sur la glace du Colisée que Bonin avait décroché son premier contrat professionnel pour Rochester dans la Ligue américaine de hockey. «Il existait plusieurs types de contrats à cette époque, des formules A, B ou C. J’avais signé une formule C avec Rochester, une équipe affiliée aux Red Wings de Detroit», racontait Marcel Bonin. «Lorsqu’on signait une formule C, on appartenait à l’équipe du circuit mineur à tout jamais et on obtenait un beau 50$ de boni à la signature!», ajoutait-il en riant. «Le recruteur qui m’avait fait signer ce contrat m’avait invité à la rôtisserie pour fêter l’événement. Lorsque je suis ressorti du restaurant, j’avais presque dépensé toute la somme», disait-il en riant.

Le Canadien avait tardé à mettre Bonin sous contrat ou ils n’avaient pas vu le potentiel de ce dynamique joueur. Les Red Wings ont profité de l’omission du CH. Les Red Wings de Detroit sont venus disputer un match préparatoire face aux puissants As pilotés par Punch Imlach et guidés par la jeune sensation, Jean Béliveau. C’est plutôt le jeune Marcel Bonin qui en a profité pour leur en mettre plein la vue en «brassant» allègrement tous les joueurs des Red Wings. Les Wings n’étaient pourtant pas dépourvus de joueurs robustes dont Gordie Howe et le dangereux Ted Lindsay, la terreur de la LNH.

Une embauche percutante
«Punch Imlach (l’entraîneur des As) m’avait averti de me méfier de Ted Lindsay qui était très sournois et qui avait l’habitude de garder son bâton lors des bagarres et de s’en servir», confiait Marcel Bonin. Comme ça devait arriver, Lindsay a tenté de s’en prendre à Bonin. Le jeune joueur des As n’a pas hésité et il a frappé le premier. Deux bonnes gauches au menton de Lindsay qui tentait de l’atteindre avec son bâton. Le dangereux Lindsay a été envoyé au plancher, le bâton toujours entre les mains. Escorté par l’arbitre vers le banc de punition, Bonin était passé devant le banc des As et il a dit en riant : «Tu avais raison Punch, il n’a jamais lâché son bâton».

Marcel Bonin n’a pas joué pour Rochester cette saison. Ce  jour-là, il avait convaincu les Wings de lui faire une place dans leur alignement. Il a passé trois saisons à Detroit se contentant d’un rôle effacé et d’un temps de glace limité au sein de cette puissance de la Ligue. Pendant son séjour avec les Red Wings, ils remportent le championnat de la ligue à chaque saison et Marcel inscrit son nom sur la Coupe Stanley à deux reprises. 

L’émeute au Forum
C’était dans l’uniforme des Red Wings que Marcel Bonin a assisté à la fameuse émeute au Forum de Montréal. Le public montréalais révolté par la suspension de son idole, Maurice Richard, qui était à la veille d’enfin remporter son premier championnat des marqueurs, avait tenté de s’en prendre à l’arrogant président de la LNH, Clarence Campbell. De plus, cette suspension ouvrait grande la porte aux Red Wings qui tentaient à nouveau de remporter le championnat de la ligue en devançant le Canadien en fin de saison. Marcel Bonin racontait : «Nous n’avons rien vu de l’émeute, Aussitôt les gaz lacrymogènes lancés, la partie a été annulée. Un autobus est entré dans le garage du Forum, nous sommes montés dedans et nous n’avons rien vu». Une page d’histoire s’est écrite ce jour-là sans que Marcel n’y voit quoi que ce soit, mais les Red Wings ont remporté le championnat, cristallisant la révolte des francophones.

L’éclosion de la carrière de Marcel Bonin s’est faite cette saison-là (1954-1955) où il avait amassé 16 buts et 20 passes malgré un temps de jeu limité avec les puissants Wings menés par Howe, Lindsay et Sawchuk. Son sort allait être lié à un autre jeune joueur qui faisait ses débuts avec Detroit en même temps que lui, le gardien Glenn Hall.

Jack Adams, le directeur-gérant des Red Wings, jugeait que le jeune Hall était apte à remplacer le légendaire Terry Sawchuk. Dans un spectaculaire échange impliquant neuf joueurs, il a envoyé Marcel Bonin en compagnie de Terry Sawchuk, Vic Stasiuk et Lorne Davis aux Bruins de Boston. En retour, il obtenait Warren Godfrey, Réal Chèvrefils, Gilles Boisvert, Ed Sanford et Norm Corcoran, un échange largement à l’avantage des Bruins.

Les attentes des Bruins étaient grandes à la suite de cet échange. Pourtant rien n’a fonctionné comme prévu pour les Bostonniens. Croulant sous la pression, Sawchuk a connu une de ses pires saisons et Marcel, malgré l’ajout d’un A sur son chandail, n’a pu transporter les Bruins en séries avec sa fougue. Pour la première et dernière fois de sa carrière, une équipe qui aligne Marcel Bonin ne remportera ni championnat, ni Coupe Stanley. Après une année décevante à Boston, les Bruins retournent Sawchuk à Detroit et Marcel a été prêté aux As de Québec qui en étaient bien heureux.

En 1957-1958, Bonin retourne dans la LNH là où il aurait dû commencer : avec le Canadien. Marcel, qui s’était donné pour mission de devenir à Jean Béliveau ce que Ted Lindsay était à Gordie Howe, retrouvait son vieux coéquipier du temps des As de Québec. Piloté par Toe Blake, le Canadien remporta une troisième Coupe Stanley d’affilée. C’était aussi la troisième fois où Marcel gravait son nom sur la Coupe.

1959, des séries magiques
En 1958-59, Marcel remporta à nouveau la Coupe dans l’uniforme du Canadien. Il se contentait d’un rôle modeste de joueur d’utilité durant la saison, mais le grand Maurice Richard était blessé pendant les séries. Le Rocket ne jouera que quatre matchs et n’obtiendra aucun point dans le «détail». Marcel Bonin se retrouva donc à remplir son rôle au sein du premier trio avec Henri Richard et Dickie Moore. Marcel a demandé à Maurice Richard de lui prêter ses gants pour jouer une partie. Armé des gants de Maurice Richard, Bonin compta durant la partie, comme si le Rocket y avait laissé ses mains magiques. Bonin, plus reconnu pour sa fougue au jeu que pour ses habiletés de compteur, supplia Maurice de lui laisser ses gants pour le reste des séries. Il compta 10 buts en 11 matchs éliminatoires, lui qui n’a pourtant jamais réussi plus de 17 buts en saison régulière dans la LNH et il finira au premier rang des buteurs du CH dans ces séries. Mieux encore, Marcel a eu l’honneur de déjouer le gardien des Maple Leafs, Johnny Bower, et de compter le but qui donnait la Coupe au Canadien.

On pourrait croire que de pareils succès constituaient les faits saillants de la carrière de Marcel Bonin, mais, lorsqu’on lui a demandé quels étaient les meilleurs souvenirs de sa carrière, il a répondu: «Mes coéquipiers sont mes meilleurs souvenirs. Toute cette camaraderie et cette complicité me manquent. Ce sont sûrement les meilleurs souvenirs que je garde du hockey.» Cette réponse illustre bien le type de joueur qu’était Bonin: un joueur dévoué à son équipe et ses coéquipiers qui faisait passer les succès de l’équipe avant ses exploits personnels. 

Marcel Bonin a principalement joué sur un trio avec Jean Béliveau et Bernard Geoffrion lors de son passage avec le Canadien. Il a toujours été celui qui allait récupérer la rondelle dans les coins de la patinoire (un rôle dans lequel il excellait) pour la passer à ces compagnons de trio qui, eux, comptaient les buts. Il était aussi au premier rang lorsqu’on s’attaquait à eux. Lorsqu’un joueur adverse tentait de s’en prendre à ses coéquipiers vedettes, il savait qu’il aurait à répondre de ses gestes face à Bonin qu’on appelait «l’ours de Joliette». Au fil des années, Marcel n’avait plus à lâcher les gants fréquemment, sa réputation de bagarreur était bien établie et peu de joueurs, même les plus durs, osaient l’affronter. «J’ai affronté Lou Fontinato à plusieurs reprises. Il ne m’a jamais battu ni même inquiété. Après quelques bagarres, il a cessé de nous chercher noise.», nous avait-il déclaré en riant. À cette époque, Marcel n’avait qu’à s’interposer dans les échauffourées et se contentait d’entourer l’agresseur de ses puissants bras pour les neutraliser et faire sentir son inquiétante présence.

Après le hockey
Une blessure au dos a forcé Marcel à quitter le hockey à 31 ans au milieu de la saison 1961-62. Il est retourné vivre à Joliette où il est devenu policier pendant quelques années puis intervenant social dans une polyvalente de cette ville. Pour beaucoup de jeunes de la région qui ont fréquenté cette école, Marcel Bonin était ce sympathique, mais intimidant personnage qui arpentait l’école avec son énorme trousseau de clés. Jusqu’au bout Marcel aura fait régner l’ordre autour de lui dans la bonne humeur. Les jeunes de la région, comme ses coéquipiers d’autrefois, ont découvert un individu coloré et chaleureux qui sait vous mettre à l’aise dès le départ.

Aujourd’hui, Marcel est retiré et vit toujours à Joliette. Il s’est départi de la plupart de ses souvenirs de son passage dans la LNH. Il parle généreusement de cette époque, mais les seuls souvenirs qu’il en conserve sont dans sa mémoire. Ce dont il est le plus fier est la réussite de ses enfants qui ont tous fréquenté l’université avec un grand succès. Ils sont soit en médecine ou artistes. «Pas mal pour ma femme et moi qui n’avons qu’une neuvième année à deux!», nous a-t-il dit en riant. Lui même a grandement surpassé les limites de ses brèves études et il est devenu un passionné d’histoire de Lanaudière. Il possède des centaines de livres anciens qu’ils a tous lus et relus.

Nous vous convions donc à découvrir un peu plus ce charmant monsieur qui a eu l’amabilité de répondre à nos questions sur cette brève vidéo tournée à son domicile. Il y raconte avec son langage coloré quelques histoires qui ne sont pas racontées dans le texte précédent. Cette vidéo a été présentée en février 2012 lors d’une soirée bénéfice pour la construction d’une patinoire recouverte dans le village de Saint-Esprit, à quelques kilomètres de Joliette.

Au delà de la grande générosité dont il a fait preuve lors de cette soirée, elle nous aura permis de découvrir un homme remarquable qui nous a profondément touché par sa grande bonté et son humilité.